Sur cette page nous présentons la SAS AGROGAZ et les experts qui nous accompagnent dans la réalisation de notre projet. Enfin vous trouverez à la suite les témoignages de 6 agriculteurs engagés dans AGROGAZ.

La SAS AGROGAZ des Pays de Trie

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De jeunes agriculteurs pour un projet collectif

Journal réunion copilotage

AGROGAZ est un projet porté par 48 agriculteurs qui sont actionnaires de la SAS AGROGAZ des Pays de Trie.     La moyenne d’âge des actionnaires est de 40 ans environ : des éleveurs actionnaires jeunes pour un projet à l’engagement durable. Tous les agriculteurs qui le voulaient ont pu rejoindre la Société par action simplifiée AGROGAZ des Pays de Trie, sans discriminations liées à la taille des exploitations, aux capacités d’apports ou à la filière d’appartenance. De plus, la prise de capital est limitée pour chaque participant, afin d’éviter les déséquilibres. 48 exploitants agricoles ont constitué un capital de plus de 800 000 euros, en parts allant de 5 000 à 50 000 euros. M. Benoît Darré est également actionnaire d’AGROGAZ au même titre que les agriculteurs via sa société BD Holding.

Que ce soit pour la participation au capital de la SAS AGROGAZ des Pays de Trie ou pour l’apport des matières à méthaniser, le projet concerne essentiellement le canton de Trie-sur-Baïse et quelques exploitations agricoles de cantons limitrophes: Castelnau, Galan et Mielan. Pour faire fonctionner l’unité, 67 éleveurs (actionnaires ou non d’AGROGAZ) de toutes les filières (bovins, veaux, porcs, poulets et canards) se sont engagés à apporter tout au long de l’année 76 500 tonnes de matières méthanisables (fumiers, lisiers et matières végétales constituées de couverts végétaux d’inter-cultures ou CIVE).

Une direction collégiale

Dès l’origine, le projet proposé par Michel Dubosc, vice-président de la chambre d’agriculture des Hautes-Pyrénées, et Jérôme Sainte-Marie, président du Groupement de développement agricole de Trie-sur-Baïse (GDA), s’est voulu ancré dans son territoire et au service de tous les exploitants agricoles. Président de la SAS, Michel Dubosc a mis en place une direction collégiale qui comprend : Jérôme Sainte-Marie, Jean-Claude Artus, Philippe Aurensan, Christophe Sarramea, Thierry Lacaze, Benoît Pomes-Darré, Jean-Michel Lebian, Frédéric Sans, Bernard Sabathié, Gilles Labat, Laurent Ruffat, Guy Doléac, ainsi qu’un représentant de la Communauté de communes du Pays de Trie.

Une équipe d’experts au service du projet

L’équipe d’AGROGAZ s’appuie sur les services de plusieurs prestataires :

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  • PICS accompagne le projet depuis 2013. Elle intervient non seulement au niveau méthodologique mais également pour mobiliser des financements, communiquer, gérer les relations avec les partenaires, repérer et analyser les technologies disponibles.
  • Valérie Soulère, salariée de la Chambre d’agriculture des Hautes-Pyrénées, est animatrice du Groupement de développement agricole de Trie-sur-Baïse. Pour ce projet, elle gère les différentes problématiques relatives aux exploitations agricoles. La Chambre d’agriculture a également réalisé le plan d’épandage d’AGROGAZ.
  •  artifex a  réalisé les études pour la réalisation du dossier de demande d’autorisation unique.
  • Astrade et Pics réalisent les études et assurent l’appui à maîtrise d’ouvrage.

 

Les enjeux pour les agriculteurs : 6 agriculteurs témoignent

  • Frédéric Sans, producteur d’énergies
    Agrogaz Sans-001 A 34 ans, Frédéric Sans personnifie ce que sera l’agriculteur de demain: un producteur multi-énergies. La première, évidemment, est celle contenue dans les produits agricoles qu’il fournit et que, in fine, nous consommons. Les 130 prim’Holstein de son exploitation d’Antin – dont 65 sont à la traite – donnent 700 000 litres de lait qui partent vers l’usine Danone de Villecomtal. Exploitant en Earl avec sa mère et aidé d’un salarié à mi-temps, Frédéric Sans a investi il y a trois ans dans un robot de traite. Un équipement indispensable pour faire tourner son entreprise et conduire les 100 ha de maïs-fourrage, blé et tournesol en partie nécessaires à l’alimentation de son troupeau. La seconde énergie qu’il produit provient des 1.300m2 de panneaux photovoltaïques placés sur un des bâtiments de son exploitation. Agrogaz sera son second outil de production d’énergie renouvelable. Mais le projet confortera aussi son organisation : la fin du stockage (Antin est en zone vulnérable) par la livraison chaque mois des lisiers et fumiers, la praticité des granulés fertilisants qu’il en découlera devraient lui faire économiser un temps précieux qu’il évalue à environ une semaine minimum par an. Un temps que ce titulaire d’un BTS et d’une spécialisation en informatique mettra, sans aucun doute, au service de sa recherche du progrès. Toujours à l’affût d’efficacité, il a opté pour un système de pré-refroidissement du lait à la sortie de son installation. Un échange de chaleur permet d’économiser de l’énergie au niveau du tank mais également, l’hiver, de mettre en température convenable l’eau de boisson des bêtes. Ces économies sont également au service du bien-être de ses laitières avec notamment des dispositifs performants d’éclairage, de ventilation et même de massage.
  • Christophe Sarraméa : gagner du temps, de l’énergie et en salubrité
    Agrogaz Sarraméa Avec 120 veaux de boucherie, 60 broutards et une trentaine de vaches grasses qui partent de son exploitation chaque année vers Lur Berri-Vivadour, des chevillards et des bouchers de la région, Christophe Sarraméa, tout juste quadragénaire, n’a pas de temps à perdre. D’autant que, outre les soins quotidiens apportés à son troupeau de blondes d’Aquitaine (220 vêlages par an en moyenne), il doit mener la production de 60ha de culture de blé, maïs et colza et l’entretien de 120ha de prairies. Dès son lancement, le projet Agrogaz lui a donc ouvert une piste intéressante pour gagner du temps. Pour lui, l’épandage représente environ quinze jours de travail. La méthanisation lui permettra également l’économie de quelques pleins de gazole et de beaucoup d’usure du matériel, d’autant que les granulés d’engrais, épandus avec des outils qui couvrent 12m, réduiront également les déplacements (pour une efficacité agronomique accrue). D’ores et déjà, il prépare son exploitation à cette prochaine mutation : pour alimenter régulièrement les digesteurs d’Agrogaz, les curages de la stabulation seront plus réguliers, nécessiteront moins d’espace près des bâtiments et supprimeront le stockage au champ. Il prévoit déjà une nette baisse de l’ammoniac dans les étables et moins de problèmes sanitaires liés au microbisme qui peut s’y développer. Car la qualité de la viande qu’il produit reste au premier plan de ses préoccupations. Une preuve ? Admirez son troupeau de tantes (les vaches qui viennent au secours des veaux que les mères ne nourrissent pas) : vous y feuilletterez un véritable catalogue des races françaises (de l’abondance à la normande en passant par des montbéliardes). Mais pourquoi un tel cheptel ? Pour ne jamais donner de lait en poudre aux veaux…
  • Jean-Michel Le Bihan : assurer un futur à son élevage
    Agrogaz Le Bihan A Guizerix, commune où Jean-Michel Le Bihan produit 15.000 canards gras par an et conduit un cheptel d’une centaine de truies, l’agriculture de groupe et la mise en commun de moyens est la seconde nature d’une dizaine d’exploitants. Ici un des Groupements d’intérêt économique écologique des Hautes-Pyrénées poursuit la mise en commun des matériels débutée avec la Cuma de Guizerix et un assolement en commun. Cette parcellisation et ces échanges de cultures décidés collectivement apportent déjà leur lot d’économies, notamment pour les déplacements et permettent, par exemple, de créer un îlot de production de semences de maïs. Jean-Michel Le Bihan ne pouvait donc qu’être intéressé par la démarche collective d’Agrogaz. Et il est d’autant plus convaincu de l’utilité du projet, que la méthanisation sera un facteur important de la pérennisation de son entreprise. Apporter les effluents de ses élevages aux digesteurs va, en effet, lui éviter stockage et surtout ne plus limiter le développement de son atelier puisque le plan d’épandage incombera à Agrogaz . Outre l’économie de temps de travail dans les champs (une cinquantaine d’heures par an), il peut envisager de développer le nombre de truies et d’offrir ainsi une possibilité de reprise et de poursuite de l’activité à l’un de ses fils, porcher dans les Pyrénées-Atlantiques. De quoi maintenir la production de porc Label Rouge à Guizerix et de canards destinés aux Délices d’Auzan et développer encore l’agro-écologie intensive pratiquée ici.
  • Anne et Guy Doléac : lait, environnement et vente directe
    Agrogaz Doléac A Bernadets-Debat, les époux Doléac vivent une expérience particulière : il y a neuf ans, Anne – qui n’est pas née dans le milieu agricole – a quitté son emploi pour travailler sur l’exploitation conduite par son mari. Elle y a développé la transformation de 15.000l du lait des cinquante Holstein de l’élevage (sur 450.000l produits annuellement et achetés par Danone-Villecomtal). Et remporte un beau succès : ses fromages blancs, faisselles et yaourts se vendent en direct, dans des magasins de Tarbes, chez des restaurateurs et sur la Toile, avec l’association « Croquez Local en Pays des Nestes ». Après avoir vécu cette mutation de la transformation et de la vente directe, Agrogaz en représente une seconde, qui concerne un peu plus Guy Doléac. Pour lui, la méthanisation est la meilleure réponse possible à la problématique environnementale et énergétique. Si elle répond aux contraintes de plus en plus importantes liées aux épandages des fumiers et à la protection des eaux, elle ne sacrifie pas pour autant les pratiques agronomiques. Les granulés fertilisants produits par Agrogaz continueront ainsi à favoriser la production de fourrages pour l’alimentation des vaches laitières.
  • Jérôme Sainte-Marie : quand la méthanisation protège (indirectement) les sols
    Agrogaz Sainte-Marie Dans le projet Agrogaz, Jérôme Sainte-Marie sera un des apporteurs de couverts végétaux. Et pourtant, aucun des 85 ha qu’il cultive en semant soja, maïs, triticale et blé, ne sera spécialisé pour la production de plantes énergétiques. A Lubret-Saint-Luc, on ne verra donc pas les surfaces de maïs « exploser » pour fournir du diester, comme cela peut être le cas dans d’autres régions où il faut alimenter des usines de diester. Jérôme Sainte-Marie, ingénieur agri diplômé de Purpan, enseignant en lycée agricole et président du Groupement de développement agricole de Trie-sur-Baïse, a imaginé une solution bien plus intéressante pour l’environnement. Persuadé que « la première richesse de l’agriculture, son premier outil de travail, c’est le sol », il pratique les techniques culturales simplifiées, c’est à dire que, d’une part, il ne laboure pas ses terres (pour ne pas détruire ce milieu vivant) et que, d’autre part, il ne laisse jamais un sol nu. Cette situation favorise en effet l’érosion, d’autant que cette partie du département est particulièrement menacée par le phénomène. Les végétaux qui alimenteront l’unité de méthanisation seront donc plantés dans les périodes où les terres ne sont pas occupées par les maïs et blé, c’est à dire entre quatre et six mois de l’année. En fonction de la rotation des cultures qu’il pratique avec précision, il sèmera du sorgho fourrager ou des mélanges millet-tournesol, trèfles ou pois, vesce et triticale pour des cultures d’été ou d’hiver. Ainsi, la prévision d’un apport stable à l’unité de méthanisation de l’équivalent de 30 ha sera possible… tout en préservant la qualité des sols de son exploitation.
  • Bernard Sabathié va en finir avec les épandages de lisier
    Agrogaz Sabathié A Sadournin, Bernard Sabathié produit, pour l’IGP Jambon de Bayonne, des porcs commercialisés auprès de la Fipso. Les 85 truies de cette exploitation de naisseur-engraisseur se rangent dans le cadre des filières de qualités, les animaux ne consommant pratiquement que les céréales produites sur 30ha. Comme pour de nombreux autres éleveurs, le fonctionnement et le développement de l’exploitation était freiné par les possibilités relativement réduites d’épandre les lisiers. Ici, les premiers voisins se situent à 120 et 200 m des parcelles. Cette proximité obligeait le chef d’exploitation à faire appel à une entreprise de travaux agricoles pour, deux fois par an, procéder à un épandage-enfoui, une technique qui réduit les inconvénients, mais coûte cher. Avec la réalisation d’Agrogaz, il va abandonner sa fosse de 1.000m3 au profit d’une installation de 220m3 et utilisera les granulés fertilisants issus de la méthanisation. Et il voit déjà un autre avantage : avec les granulés, il pourra amender des terres et des prairies pentues qui étaient, jusqu’à présent, inaccessibles aux engins d’épandeurs à lisier.